Dans ce numéro consacré à Mariah en tant que personne, le portrait choisi pour cette rubrique ne pouvait être que celui de Marylin Monroë. En effet, que de similitudes entre les 2 stars ! Une enfance instable, un côté femme enfant qui leur donne à toutes les 2 tout leur charme, une candeur et une vulnérabilité qui contraste étrangement avec l'image sexy qu'elles aiment à projeter. Comprendre Marylin Monroë, c'est quelque part progresser dans la compréhension de Mariah. Pour vous y aider, voilà donc l'histoire de la plus émouvante héroïne des légendes cinématographiques...

Marylin Monroë naît le 1er juin 1926 au Los Angeles Général Hospital de père inconnu.
Norma Jean Baker, de son vrai nom, a une enfance dure, sans points de repères, entre une mère malade des nerfs et diverses familles ou pensionnats où elle est placée. Elle contracte une timidité quelque peu maladive qui se traduira tout au long de sa vie par un bégaiement dans les moments d'émotion ; et elle n'aspirera qu'à une "réussite" sociale susceptible de lui donner cette stabilité dont elle a manqué : en effet, sa mère la place en famille d'adoption alors que le bébé n'est âgé que de quelques jours. Elle ne vient la voir que le week-end et reste parfois longtemps sans voir sa fille car elle fait de fréquents séjours en hôpitaux psychiatriques. Il semble que cela soit un trait particulier à la famille maternelle de Norma Jean.

A l'âge de 16 ans, elle contracte un premier mariage avec un pompier nommé James Dougherty un voisin de 5 ans son aîné.

Durant sa courte vie de femme au foyer et malgré la fréquentation assidue du cinéma de son quartier, Norma Jean s'ennuie ferme. Elle trouve du travail comme vérificatrice de parachutes à la R. Plane Co.
C'est un photographe de l'armée ayant pour consigne de photographier des femmes au travail pour relever le moral des troupes qui la remarque. Elle fait la couverture du magazine "Fank" du 26 juin 1945. Pleine d'assurance et nourrie de rêves de gloire depuis son enfance, elle se présente à l'agence de mannequins d'Emmeline Snively "Blue Book". C'est Miss Snively qui l'incite à se décolorer en blonde pour plus de "piquant". Elle commence alors à se dire que la carrière de mannequin est incompatible avec celle d'épouse et malgré les réticences de Jim obtient le divorce qui sera prononcé le 2 octobre 1946, divorce qu'elle accompagnera d'une tentative de suicide. Elle a 17 ans.
Dès 1946 elle fait la couverture de tous les magazines, Miss Snively lui arrange une entrevue avec Ben Lyon le recruteur de talents de la 20th Century Fox qui lui permet de faire un bout d'essai. Le verdict est sans appel : elle est pourvue d'une qualité déterminante, le "sex-appeal". Daryl Zanuck donne l'ordre à Lyon de lui faire signer un contrat.
Elle tourne deux petits rôles pour la Fox mais son contrat n'est pas renouvelé. Elle signe alors un contrat d'essai de 6 mois avec la Columbia où elle joue quelques rôles secondaires dans des films de série B. Pendant ce temps elle prend des cours d'art dramatique et de diction. La Columbia ne renouvelle pas son contrat. Marilyn se trouve au chômage.

Elle accepte alors de poser pour de nombreux reportages photographiques notamment avec Tom Kelley qui réalisa le fameux calendrier scandale ou elle pose nue.
Depuis quelques mois elle vit avec Johnny Hyde un agent important et fortuné qui veut l'épouser et en faire son héritière mais elle ne veut pas en entendre parler. Il arrive quand même avant sa mort à faire engager Marilyn pour le film de John Huston "Asphalt Jungle". A la sortie du film c'est un gros succès personnel pour Marilyn. La M.G.M. est submergée de courrier à son sujet mais lui refuse un contrat.
La Fox l'engage. Sa carrière est lancée. C'est alors qu'éclate le scandale du calendrier. La Fox affolée demande à sa vedette de nier qu'il s'agit d'elle. Marilyn refuse et s'explique publiquement. "J'avais besoin d'argent" dira-t-elle.
Celle qui reçoit environ 250 demandes en mariage par semaine entreprend de soigner son image de marque et part à New York suivre les cours de l'"Actors Studio" dirigé par Lee Strasberg. Elle y recueille beaucoup de satisfactions et de gratifications tant elle se montre bonne élève.

Dans le même temps, elle tente par ses propres moyens de se rendre digne d'un idéal auquel elle comprenait peu de chose, mais qu'elle entrevoyait et auquel elle se dévouait à sa façon (mais d'une façon dangereuse pose sa carrière) : elle demande à faire inclure dans son contrat avec la Fox une clause d'après laquelle elle aurait le droit de choisir elle-même le sujet et le réalisateur de ses films. Darryl F. Zanuck, "empereur. de la Fox, veut bien améliorer tous les autres paragraphes du contrat au profit de Marilyn - tant que les litiges pouvaient se résoudre à coups de dollars, il n'y avait pas de vrai problème -, mais une telle prétention lui paraît exorbitante : il refuse et tient bon (comment, d'ailleurs, eût-il pu imaginer les raisons profondes de Marilyn, et les interpréter autrement que comme la ridicule prétention d'une pauvre fille à la tête "gonflée" par le succès ?). Mais Marilyn, elle aussi, tient bon. Elle part établir son camp à New York pour tenir la dragée haute à Hollywood, ce qui la mène à deux doigts de sa perte. C'est le succès de SEPT ANS DE REFLEXION,le film de Billy Wilder, qui la sauvera.

A l'époque on la voit beaucoup au bras de Marlon Brando. C'est aussi à cette période que s'amorce sa relation avec Arthur Miller.
Auteur dramatique, marié et père de 2 enfants, celui-ci obtient le divorce d'avec sa femme le 11 juin 1956 et épouse Marilyn le 29 juin 1956. Le 1er juillet eu lieu une cérémonie juive traditionnelle, Marilyn s'étant convertie au Judaïsme. Toujours en recherche d'une "vraie" famille, elle s'intègre totalement à la cellule familiale de Miller, ses 2 enfants et ses parents.

Arthur Miller, c'est l'incarnation de cet autre monde, de cette autre vie, la seule digne d'être vécue et à laquelle aspire Marylin : celle de l'esprit, des idées, des vraies nourritures terrestres. Déjà, elle passe sa vie dans les bouquins. On la moque pour cela. On affecte de considérer qu'elle "pose à l'intellectuelle". On traite ses soucis intellectuels avec une condescendance d'autant plus agacée qu'elle-même ne parle presque jamais de ses lectures. Au contraire, elle tombe en proie à son bégaiement humiliant et à une timidité affolée si, dans un salon on prétend lui faire émettre une idée ou un jugement littéraire, comme une épreuve.
L'été 1956 passé à Amagansett est l'époque la plus heureuse de la vie de Marilyn. En Juillet elle se découvre avec joie enceinte mais c'est un bonheur de courte durée car il s'agit d'une grossesse extra-utérine qu'il faut interrompre au grand désespoir de Marilyn qui sombre dans la dépression. A deux reprises on la sauve d'overdoses de barbituriques.

Pendant le tournage du film "Les désaxés" spécialement réécrit par Miller pour Marilyn, les relations du couple vont de mal en pis. Ils se séparent en novembre 1960. Le divorce sera prononcé le 20 janvier 1961.
Suit alors une longue période de dépression. Séjours en clinique, abus d'alcool et de médicaments.

Le tournage de "Quelque chose doit craquer" est interrompu en juin 1962, Marilyn étant trop épuisée physiquement ne peut continuer. Le matin du 5 août 1962 on découvre Marilyn morte à son domicile. Officiellement l'enquête conclut à un suicide, mais saura-t-on jamais ce qui s'est réellement passé?

Plus de 30 ans ont passés et le mythe Marilyn est toujours bien vivant, continuant à inspirer de nombreuses personnes dont notre chère Mariah.
Celle-ci ne perd pas une occasion en effet de rappeler que Marylin est son idole. Dans son clip " I still believe ", elle reprend justement la scène où Marylin venait chanter dans les camps militaires pour remonter le moral des troupes, coiffure à l'appui.

En outre, l'un des objets auxquels Mariah tient le plus est le piano blanc de son idole qu'elle a racheté à une vente aux enchères chez Christie's pour la modique somme de 5 millions de francs (!) : " je ne supporte pas de voir ses affaires mises aux enchères. C'est une honte ! J'aimerais que quelqu'un aie assez d'argent pour tous les acheter et les mettre à l'abri dans un musée … Ce piano était celui de sa mère. Dans sa biographie, il y'a toute une histoire sur le fait que Marylin a passé un certain nombre d'années à essayer de le retrouver et de le récupérer. Maintenant, je vais en prendre grand soin. Au bout du compte, il finira dans un musée ".




AUTO-PORTRAIT


On n'en apprend jamais plus sur quelqu'un que quand cette personne se décrit elle-même. Voici donc des extraits d'une interview parue dans le magazine Life de juillet 1962, juste avant sa mort où la star fait preuve de beaucoup de lucidité :

Lorsque je passe, les ouvriers se mettent à siffler. D'abord, parce qu'ils se disent: " Tiens, tiens, c'est une fille, elle est blonde et pas mal fichue ", et puis, brusquement, ils réalisent et ils se mettent à crier: " Bon sang, mais c'est Marilyn Monroe! ". Eh bien, voyez-vous, ce sont des moments où je suis heureuse de me dire que tous ces gens-là savent qui je suis. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais je suis sûre qu'ils comprennent que je me donne entièrement à ce que je fais - aussi bien à l'écran que dans la rue - et que, lorsque je leur dis " Bonjour ", ou " Comment ça va ", je le pense vraiment. Dans leur tête, ils se disent : "Formidable, j'ai rencontré Marilyn! Et elle m'a dit bonjour." Seulement, voilà : lorsqu'on est célèbre, on se heurte à la nature humaine à l'état brut. La célébrité traîne toujours la jalousie derrière elle. Il y a des gens qu'on rencontre, comme ça, et qui ont toujours l'air de se dire: " Mais qui est-ce, cette bonne femme ? Pour qui se prend-elle ? " Ils ont l'impression que ma célébrité leur donne tous les droits. Même le privilège de m'aborder et de me dire tout ce qui leur passe par la tête, toutes sortes de choses. Mais ça ne me blesse pas. C'est un peu comme s'ils s'adressaient à mes vêtements, pas à moi.

Plus les gens sont importants, ou plus ils sont simples, moins ils se laissent impressionner par la célébrité. Ils ne se sentent pas obligés d'être agressifs, ou insultants. Ils veulent savoir qui vous êtes vraiment. Alors, j'essaie de le leur expliquer. Je n'aime pas leur faire de la peine et leur dire : " Vous ne pouvez pas me comprendre ". J'ai l'impression qu'ils comptent sur moi pour leur apporter quelque chose qui n'existe pas dans leur vie de tous les jours. Je suppose que c'est leur plaisir, leur évasion, leur fantaisie. Parfois je suis un peu triste, parce que j'aimerai rencontrer quelqu'un qui me jugerait sur ce que je sens, et pas sur ce que je suis. C'est agréable de faire rêver les gens, mais j'aimerai bien qu'on m'accepte également pour moi-même.

Je recevais un courrier énorme, et lorsque j'allais à une première de film, les propriétaires du cinéma voulaient toujours faire ma connaissance. Je ne savais pas pourquoi. Ils se précipitaient et je regardais derrière moi pour voir qui les intéressait tellement, et j'étais morte de peur. J'avais parfois l'impression de me payer la tête de quelqu'un, je ne sais pas de qui, peut-être de moi-même...

En fait, rien n'est jamais terminé. Il faut toujours recommencer, toujours. Mais moi, je crois qu'on obtient toujours le succès que l'on mérite. Maintenant, je ne vis que pour mon travail, et pour les quelques amis sur lesquels je puisse vraiment compter. La célébrité passera ? Eh bien, qu'elle passe. Adieu célébrité ; je t'ai eue, et j'ai toujours su que tu ne valais pas grand-chose. Pour moi, tu auras été au moins une expérience. Mais tu n'es pas ma vie.



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